Skip to main content

A 3 jours du Whisky Live, nous avons rencontré Arthur Morbois, qui est le Responsable du Développement Produit de LMDW. Nous avons voulu en savoir plus sur la place que prenait notre boisson favorite pour un des principaux distributeurs de spiritueux français. Et les nouvelles sont bonnes !

La boutique & Fine Spirits

Bonjour Arthur, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Arthur Morbois, 29 ans, baigné dans les Vins & Spiritueux depuis presque une décennie, je suis le responsable d’une petite équipe chargée du Développement Produit chez La Maison du Whisky (LMDW). Depuis 4 ans nous avons lancé deux gammes de Whisky (logique !), une de Cognac et deux de Rhum.

Parle nous, si tu veux bien, de la place du rhum pour LMDW. Le rhum semble prendre une place importante actuellement, comme le prouve la Rhum Gallery du prochain Whisky Live.
Avec un nom si connoté, on pourrait penser que La Maison du Whisky s’est lancée dans les spiritueux sur le tard, que nenni, elle distribue des rhums depuis plus de 20 ans et l’amour pour la catégorie s’est concrétisé en 2003 avec l’ouverture d’une boutique à La Réunion, le référencement de Savanna puis en 2010 avec l’acquisition de la moitié du stock de Caroni.
Depuis, le catalogue n’a eu de cesse de grandir parallèlement à la demande. Pour LMDW, le rhum est le deuxième spiritueux en termes de ventes mais aussi celui qui progresse le plus vite.
Cette tendance haussière a poussé les équipes du Whisky Live à proposer un espace entièrement dédié au Rhum. Preuve de l’importance de la catégorie.

La place de l’Independent Bottler dans le rhum est différente de celle dans le Whisky. Quels éléments peuvent expliquer cette différence selon toi ?
Diamétralement différente. Dans le Whisky les Independent Bottlers (IB) font partie du paysage, certains ont plus de renommée que des marques officielles. Ils sont très majoritairement situés en Écosse, sur les terres natales du produit (si je résume au Scotch).
Le rhum est produit dans plus de 30 pays dispersés à travers le monde, avec une moyenne de 4 distilleries par pays. Cette situation de décentralisation rend le travail des IB très compliqué.
Heureusement pour eux, des « Brokers » (Négociants) ont de tout temps importé du rhum en vrac pour le revendre en Europe. C’est ainsi que sont nés les premiers IB en Europe.
Mais contrairement au Scotch Whisky qui reste en Ecosse, le rhum lui est déplacé loin de son pays d’origine, changeant fondamentalement son environnement de vieillissement, passant d’un climat tropical à un climat continental, posant de nombreuses questions quant à l’âge affiché sur la bouteille.

Le design de la gamme

Tu es à l’origine de la gamme Transcontinental Rum Line (aussi connue sous le doux nom de TCRL). Il s’agit de la gamme rhum de LMDW.
On aime les noms triplement-alambiqués chez LMDW.
1 – Quel est l’histoire de cette gamme ?
Une histoire courte puisqu’imaginée début 2016, puis lancée au Whisky Live de la même année. Néanmoins son inspiration vient des voyages transatlantiques qu’effectuaient les fûts achetés par les Brokers Européens. Une fois sur place ils bénéficiaient à la fois d’un climat plus doux (moins de part des Anges) et d’une grande variété de fûts, rendant possible des vieillissement et affinages en barriques de vin, de porto, de sherry, de Cognac, etc…
Tous les rhums TCRL sont donc vieillis en parti dans leur pays d’origine, mais aussi en Europe pour les raisons évoquées ci-dessus. Pour un souci de transparence, le détail complet du vieillissement est écrit au verso de chaque bouteille.
2 – Comment la sélection s’est faite ?
Ce que j’aime chez LMDW, c’est que la sélection est sérieusement la clé de voute de toutes nos gammes. On pourrait la résumer en une phrase : « on aime, on embouteille ».
Le procédé est quasi toujours le même, je reçois (ou nous allons chercher) de très nombreux échantillons, puis nous dégustons (le big boss, un expert de la catégorie, mon « padawan » et moi-même) à l’aveugle au moins 4 fois, en éliminant 50% des moins bons à chaque fois. En général, à la cinquième repasse (jamais le même jour bien évidemment) nous avons notre gamme finale.
3 – D’où vient le design très original de la marque ?
La plupart de mes/nos idées nous viennent hors du bureau, souvent en déplacement.
Cette fois-ci nous étions simplement dans le taxi avec Thierry Bénitah (PDG de LMDW) et Luca Gargano (voir plus bas), on venait d’expliquer à ce dernier l’idée de la gamme, son inspiration maritime et le nom imaginé jusqu’alors : Transatlantic Rum Line. Il a réfléchi 22 millisecondes, s’est retourné vers moi les yeux grands ouverts en me disant d’une voix grave : « Transcontinental Rum Line ». De ce nom de quasi compagnie aérienne et maritime nous est tout de suite venu des idées de cartes postales avec des bateaux commerciaux faisant la traversée Atlantique… Une piste que nous avons gardé jusqu’au bout.
4 – Quels sont les futurs embouteillages ?
Comme chaque année à cette période, nous allons renouveler notre cœur de gamme, à savoir le Panama, le Guadeloupe, le Jamaïque et le Fiji, quatre styles bien différents permettant à l’amateur de découvrir les grands thèmes du rhum.
Ensuite, comme tous les 6 mois, nous allons sortir des petites pépites en édition limitées, dont une nouvelle destination inédite pour TCRL… Je ne peux encore l’écrire… Alors juste un indice cela commence par un T !

Comment se passe le partenariat avec Velier, qui a donné La Maison & Velier ? Luca Gargano choisit les rhums et vous les distribuez ?
Alors évidemment LMDW est plus spécialisée dans le whisky et la distribution mondiale, et Velier très pro sur le rhum et autres produits de mixologie.
Mais on le sait peu, au delà de ces intérêts communs, les 2 patrons sont amis, et ils sont associés à 50-50 dans des projets de longue date tels que Caroni et Clairin.
Depuis que nous avons une structure commune, nos deux entités se rapprochent de plus en plus, lors de réunions mensuelles nous donnons naissance ensemble au renouvellement de nos gammes ainsi qu’à la création des nouvelles.

Hampden, les Clairins, Caroni… Des noms prestigieux et des aventures au bout du monde. Tu as sûrement des anecdotes à nous raconter ?
Voyager avec un personnage tel que Luca offre forcément des anecdotes… Je n’oublierai jamais le jour où nous étions enlisés avec notre 4×4 sur des pistes haïtiennes quasi impraticables. Luca est sorti de la voiture en hurlant : « Haïtiiiiiieeenn, Haïtiiiiiieeeeeennnn ». Une minute plus tard il y avait 7 haïtiens pour nous aider à pousser la voiture hors de la boue !
Je le revois encore danser avec eux une fois sortis du pétrin. Un moment magique.

Toujours très colorées les bouteilles !

Comment vois-tu l’avenir du rhum ?
Prometteur. D’un côté les maisons officielles innovent, tentent du monovariétal, du parcellaire, du cœur de chauffe. De l’autre les amateurs demandent plus d’infos, plus de transparence. Et enfin des personnalités comme Grégory Neisson, Richard Seale et Luca tentent de classifier le Rhum, étape indispensable selon moi pour clarifier les différentes catégories (alambics, matières premières) mais aussi les nombreuses caractéristiques (types de fûts, assemblages, coloration, ajout de sucre, vieillissement en Europe, etc.). Classifier pour donner au consommateur une vision cristalline de ce qu’il achète.

Enfin, ton top 3 ?
Toujours très compliqué de répondre à cette question tant cela dépend de l’humeur, de l’occasion et de ton envie du moment quand tu ouvres ton armoire !
Mais j’ai quand même quelques préférés que je ne saurais pas classer : Clairin Sajous 2016, Rhum Rhum Libération 2012 FP, Caroni Trilogy 1996 Heavy Trinidad (60th LMDW), Neisson Le Bio par Neisson, TCRL Hampden 2000, Bielle 2001 Small Batch LMDW…

Propos recueillis par Simon Leroux

Site internet de La Maison Du Whisky : www.whisky.fr

Commentez cet article