Quand HSE (re)rencontre le whisky.

Pour les amateurs de rhum agricole, le début d’année 2020 a été beaucoup plus calme que prévu. Du côté de la Martinique, on a pu noter le 1999 chez Trois Rivières et le 2011 – ainsi que le brut 2 colonnes – de la Favorite. En plus des bouteilles sus-mentionnées, les deux nouveaux finish whiskys de chez HSE ont également attisé la curiosité des amateurs.

Il est indéniable que les finishs ont énormément fait pour la renommée de la rhumerie du Gros Morne, surtout quand ils ont été couplés à un packaging (sur toute la gamme) magnifique. Le principe de la finition est assez simple : passé un temps d’élevage « classique » (Cyril nous en parlait ici), le rhum finit sa maturation dans des fûts d’un autre alcool. Même si nous avons tendance à préférer la gamme Expert Cask chez préférence rhum (particulièrement le 2003 ou les bruts de fûts), le Marquis de Terme ou le Skouras font partie des bouteilles références proposées par HSE. Attention, néanmoins, l’équilibre entre l’alcool de base et le fût de finish doit être surveillé attentivement par les producteurs car il arrive parfois que le finish prenne le pas sur le jus de base.

Cette dégustation est particulière car elle compte trois finishs, deux rhums finis en fûts de whisky et un whisky fini en fût de rhum. En effet, les maisons Rozelieures et HSE ont échangé des fûts et ont chacune proposé des finishs (si vous voulez en savoir plus, la Confrérie a organisé un live très intéressant).

Alors, que nous réservent ces nouvelles éditions des finishs d’HSE ?

On commence avec le HSE finish Rozelieures

Les caractéristiques :

Degré : 44%
Intégration de l’alcool : Excellente
Particularité : Finish en fût de whisky
Nombre de bouteilles : 4100
Le mot clé : finesse

Le nez est fin, il s’ouvre sur une touche gourmande de miel et de pruneau, des épices (poivre / clou de girofle). En fin de nez, la fraicheur d’une sève mentholée très agréable fait son apparition. Nez complexe et évolutif.
La bouche est légère et aérienne avec des épices douces – cannelle ou poivre – une très légère amertume du boisé, de léger fruits rouges (cassis ?) avec une fin de bouche très légèrement sur le végétal de la canne un peu verte.
La finale est agréable, sur un boisé qui s’accompagne d’un beau voile de fumée qui se dépose agréablement sur le palais.

Un rhum plaisir, dont l’impact du finish est bien maitrisé : 15,5/20. Retrouvez sa fiche sur Rum Tasting Notes !

Les deux frères

On continue la découverte de ces nouveautés HSE avec le finish Kilchoman, whisky tourbé du royaume de celle-ci : l’île d’Islay. La tourbe a la particularité de vite prendre le pas sur le jus initial et, si le finish Rozelieures est clairement rhum, qu’en sera-t-il de ce finish Kilchoman ?

Les caractéristiques du HSE finish Kilchoman :

Degré : 44%
Intégration de l’alcool : Excellente
Particularité : Finish en fût de whisky
Nombre de bouteilles : 4100
Le mot clé : Végétal

Nous avons ajouté le végétal qui était réparti dans les précédentes notes

Le nez est sur la tourbe, dans son aspect végétal et terreux. On retrouve encore cette originale touche mentholée. Nez plutôt intéressant avec en plus une petite note florale pour terminer.
La bouche est aussi réussie que le nez : la tourbe arrive au début, avec un peu de fumée, puis elle laisse place à un boisé discret mais agréable. C’est plus concentré, avec en milieu de bouche une petite explosion aromatique, où un très agréable cacao fait son apparition. On pourrait regretter un petit manque d’évolution et de complexité, mais la bouche est très bien faite.
La finale est plus longue que sur le finish Rozelieures avec une note sucrée – jus de canne- et de réglisse.

Ici le finish a pris beaucoup plus de place et a même légèrement éclipsé le rhum. Il en résulte néanmoins un rhum bien fait : 15,5/20. La fiche Rum Tasting Notes c’est par ici !

Le Rozelieures finish HSE

On termine cette dégustation placée sous le signe de la rencontre du rhum et du whisky avec le Rozelieures finish HSE, un whisky fini dans différents fûts de VSOP HSE. La maison Rozelieures a la particularité de maitriser l’ensemble des éléments nécessaires à la création de leur whisky. En effet, ils étaient céréaliers avant de faire du whisky. La maitrise est présente et la famille Dupic, à la tête de cette belle maison, est en plus fort sympathique. Nous ne sommes pas du tout experts en whisky donc il s’agit d’une note simple, « pour le plaisir ». Nous nous sommes juste posé la question suivante lors de la dégustation : quel peut être l’impact d’un finish continental de 14 mois ?

Au nez, on sent le côté médicinal et végétal de la tourbe, quelques épices et une jolie note vanillée.
En bouche l’attaque est céréalière, puis assez fruité (sur les agrumes) avec enfin une petite note agréable de tabac blond.
La finale est douce sur une belle note de pomme verte.

Une belle découverte avec un profil très légèrement tourbé qui permettra de varier les plaisirs si vous ne connaissez pas le monde du whisky. L’impact du finish est léger, mais présent, avec des arômes typiques (vanille ou tabac) qui rappellent la Martinique.
A 60 euros la bouteille de 70cl cela peut faire un très beau cadeau pour un amateur de rhum novice en whisky.

Très agréable dégustation avec trois produits de belle facture. On notera la place toujours importante prise par la tourbe, qu’il faut donc apprécier pour profiter pleinement des deux dernières bouteilles présentées. Les deux HSE sont très différents et complémentaires, et le Rozelieures finish HSE est une belle découverte. Bravo !

Notes par Pierre et Simon

Une réponse sur “Quand HSE (re)rencontre le whisky.”

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