La notation Préférence Rhum

S’il y a un débat qui est revenu à de nombreuses reprises entre les rédacteurs de Préférence Rhum, c’est bien celui du système de notation. L’objectif principal d’une notation est bien sûr d’être clair et lisible pour le lecteur, mais aussi la recherche de la cohérence entre les différents rhums goûtés.
Si le débat s’est éternisé entre nous, c’est aussi parce que nous n’avions pas le même point de vue et que chacun défendait le sien avec passion, surtout lorsque ces débats avaient lieu pendant nos longues séances de dégustation !


Pour faire court, certains proposaient une notation sur 5, voir même une simple validation (c’est bon vous pouvez acheter !) tandis que d’autres proposaient la notation sur 100, adoptée de manière assez universelle pour la notation des spiritueux. Enfin, les autres proposaient un classement intermédiaire, une notation sur 20 permettant une classification suffisamment précise des rhums pour nous permettre de distinguer le nectar du rhum à pâtisserie. Les partisans du consensus l’ont emporté et nous avons donc opté pour la notation sur 20 (en plus ça nous rappelle les années lycée).

En parlant des notations sur 100, certains sites font un barème extrêmement précis : 5 points pour la couleur, 20 points pour le nez, 20 pour la bouche, 20 pour la finale, 5 pour le rapport Q/P… Nous trouvions cette façon de noter assez fastidieuse, et l’accumulation de facteurs à prendre en compte pour élaborer la note n’est selon nous qu’un moyen de tendre vers une note la plus objective possible, avec une approche quasi scientifique de la part du dégustateur. Or, selon nous, donner une note objective à un rhum est quasiment impossible puisque ce qui fait au final qu’un rhum est apprécié est subjectif, les goûts étant personnels.

Nous ne pouvions pas non plus nous résoudre à noter en fonction de notre humeur et assumer le simple « j’aime » ou « je n’aime pas » au mépris d’une certaine cohérence entre les rhums dégustés.  C’est justement parce que nous recherchions ce point d’équilibre que le débat est revenu parmi nous à maintes reprises.

Sur la qualité du rhum, ou la revendication d’une certaine subjectivité :

Privilège du dégustateur, nous essayons de goûter des rhums que nous apprécions pour vous les faire découvrir, chacun de nous allant chercher des rhums en accord avec son palais pour essayer d’en faire une analyse critique. L’équipe étant constituée de grands amateurs de rhums agricoles (au moins 3 sur les 4 membres actifs), les fiches de dégustations font la part belle aux rhums de ces deux magnifiques terroirs que sont la Martinique et la Guadeloupe. Quand on aime déjà les rhums agricoles avant de les noter, a-t-on tendance à noter avec complaisance ? Ou, autre problème de subjectivité, quand vous connaissez très bien un terroir, il arrive de noter plus sévèrement un rhum parce que vous avez déjà des dizaines de référence en bouche… Pas simple ! Pour assumer cette subjectivité nous indiquons le nom des dégustateurs tout en bas de nos notes de dégustation.

Il va de soi que plus nous dégustons sérieusement, plus nous nous créons un répertoire, d’arômes et de références. Comme nous sommes libres, indépendants et non affiliés à une distillerie, ou à un revendeur, nous achetons tout ce que nous dégustons. Ce qui semble logique d’ailleurs, car comment noter objectivement un rhum offert (ou des kits de samples) ?
Une fois tous ces éléments mis bout à bout, et sachant qu’une dégustation de l’ensemble des membres nécessite 8 à 12 cl, il faut savoir que faire du reste de la bouteille… Vous l’avez compris : nous avons donc tendance à prendre des bouteilles dans nos goûts afin de prendre plaisir à les (re)déguster. Cela a pu donner un caractère chaotique aux rhums dégustés dans un premier temps, mais grâce aux samples, nous pouvons suivre de près l’actualité du rhum sans casser notre PEL et nous offrir des notes de dégustation sur des rhums récents afin de vous aiguiller dans votre périple rhumesque.

Sur la cohérence de l’ensemble, ou la recherche de l’objectivité :

Quand nous avons débuté les notes de dégustation entre nous, et une fois l’échelle de notation adoptée, il fallait bien définir notre échelle concrètement avec des exemples de rhums. Le plus mauvais rhum jamais gouté devrait se noter à 0/20 et le meilleur recevrait la note parfaite de 20/20 (passons ici sur le fait que nous n’avons jamais pu nous mettre d’accord ni sur l’un ni sur l’autre). Nous avons toujours gardé à l’esprit que notre palais était encore et toujours en cours de formation. De plus, puisque que l’exploration du rhum est infinie, nous avons modestement décidé de ne pas attribuer de note plus haute que 18/20 pour le moment (ni de note plus basse que 02/20 mais pour les raisons évoquées plus tôt – à moins de perdre un pari particulièrement vicieux, ce que nous espérons ne jamais avoir à faire). En faisant cela, nous nous réservons la possibilité de dénicher le rhum ultime, de tomber à genoux devant une bouteille de rhum, sans être obligé de revoir l’ensemble de notre système de notation.

Une fois notre échelle définie, il était important que les notes soient cohérentes entre elles. Pour cela nous avons recours chaque fois que cela est possible à des dégustations communes, l’enthousiasme d’un des rédacteurs pouvant ainsi être modéré par un autre. Idem sur les recherches d’arômes, si deux dégustateurs ou plus reconnaissent un parfum subtil, nous n’hésiterons pas à l’ajouter à notre note de dégustation. Nous avons d’ailleurs revu et simplifié nos notes de dégustation en décembre 2019 afin d’être plus percutants et éviter les listes d’arômes longues comme le bras. Certaines des dégustations ont parfois été faites en partie à l’aveugle comme celle de deux old brother brut de colonne. Nous débattons souvent au moment d’attribuer une note, revoyant ainsi à plusieurs les notes attribuées aux autres rhums dégustés sur le site pour vérifier que n’avons pas sur-noté l’un d’entre eux. Il nous est d’ailleurs arrivé de revoir à la baisse ou à la hausse une note après découverte plus approfondie de la gamme.

Enfin, puisque nous parlons d’objectivité, nous essayons toujours de pratiquer nos dégustations dans de bonnes conditions : aération, concentration et disponibilité des dégustateurs, certains font même leur dégustation en deux fois, validant le lendemain les impressions ressenties la veille. Il serait stupide de sous-noter un bon rhum uniquement parce que nous ne lui avons pas accordé la même attention qu’aux autres rhums dégustés ici.

Comparer les systèmes de notation, pour vous aider à y retrouver.


La note la plus haute possible sur préférence rhum se situant à 18/20 (pour des rhums rappelons le complètement hors de l’actualité et appartenant au panthéon privé de chaque dégustateur) on se rend compte qu’une note de 17/20 comme sur ce Neisson 2004 est une excellente note pour le site. Cependant si l’on se réfère aux mathématiques, cette note de 17/20 ramenée à une notation sur 100 donnerait un 85/100, soit un rhum assez moyen, alors que cette notation de 17 correspondrait chez nous à une note comprise entre 92 et 94 pour la qualité du rhum dégusté. Gardez bien cette idée en tête lorsque vous comparerez les notes de dégustation du site avec les notes de nos estimés confrères. Préférence rhum note sévèrement, comme certaines chaussures taillent petit. Il suffit de le savoir.

Pour vous aider, et parce que nous sommes sympas, nous avons récemment ajouté un petit logo que nous accolons aux meilleurs rhums dégustés sur le site, afin que vous repériez rapidement ceux qui ont obtenu les meilleures notes et qui ont obtenu l’adhésion de l’ensemble des membres de préférence rhum.

Et les blancs dans tout ça ?

Autre débat qui nous agite depuis longtemps : la notation et la dégustation des rhums blancs. Il serait stupide, à notre avis, de noter les blancs et les vieux sur la même échelle. Un excellent blanc ne pouvant se comparer en termes de finesse, de structure et d’équilibre à un rhum vieux. Il nous faudrait donc revoir notre échelle de valeur pour ne prendre en compte que les rhums blancs. Plaçant encore une fois le meilleur blanc jamais dégusté à 18/20, le reste de la notation se référera à cette échelle haute.
Le problème de la dégustation du blanc va cependant au-delà de la simple note, puisque qu’avec la dégustation du blanc vient la question du rapport entre la dégustation et la consommation. En effet faire une note détaillée sur un rhum blanc bu pur et à température ambiante, alors que certains parmi vous apprécieront ces rhums avec un trait de citron vert, un peu de sucre de canne ou même des feuilles de menthe et un peu d’eau gazeuse nous parait incongru.

Comme il y a parmi nous de grands amateurs de rhums blancs et que nous n’avons pas entre nous une seule méthode de dégustation pour ces rhums, le sujet est repoussé pour l’instant mais le lobby blanc n’a pas rendu les armes et nous développerons certainement un jour des notes de blanc sur le site en dehors du Rhumfest 2020

Enfin, nos notes sont nos ressentis communs, n’hésitez pas à nous laisser vos avis !

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