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Le Bielle 2001-2015 fût 4, le 2003 et le Rasta Morris 6 ans et 8 ans au programme !
Si il y a bien une chose de sûre, c’est que la qualité est très souvent présente chez Bielle. La distillerie de Marie-Galante est une des locomotives historiques des rhums agricoles.
Néanmoins, et comme l’attestent les deux sélections OB (de la distillerie), il est parfois difficile de s’y retrouver dans leurs millésimes. On trouve, par exemple, 5 versions du 2003 sur Rum-x et au moins 6 fûts uniques de 2001 pour LMDW. Nous avons déjà goûté deux 2001 de Bielle, avec le fût 33 et le vieil oublié, qui est, semble-t-il, de cette année. Pour le 2003, nous n’avons goûté que la version des rhums vieux de Marie-Galante. Si on reste dans l’idée des millésimes, les Rasta Morris sont des 2011 et 2013.
Nous avions choisi initialement de commencer par le 8 ans de Rasta Morris, qui est plus léger en alcool que le 6 ans, mais nous avons finalement choisi de débuter par le 6 ans. Cette dégustation a été faite avec Aymeric, du Rhum Club Paris, et a suivi l’ordre de présentation ci-après.

Bielle 6 ans – Rasta Morris

Degré : 55,7%
Intégration de l’alcool : Parfaite
Distillation : Colonne
Nombre de cols : 258
Millésime : 2013
Vieillissement : principalement tropical en fût ex-bourbon
Particularité : brut de fût
Fiche Rum-X

Le nez s’ouvre timidement sur des notes végétales très surprenantes (thé par exemple), qui s’accompagnent de fruits un peu verts (ananas). Avec de l’aération, de l’amande fait son apparition. Malgré les plus de 55%, les arômes ont du mal à se diffuser.
En bouche, on retrouve cette note de thé, qui s’accompagne d’épices (piment, poivre), d’un boisé léger et de réglisse. Le tout reste assez original, mais pas emballant, même si l’alcool est invisible.
On retrouve un peu de végétal et de caramel pour la finale.

Ce rhum n’est pas mauvais, mais n’est pas transcendant du tout non plus. Il y a tellement de Bielle magnifiques par ailleurs qu’on s’étonne un peu de cette sélection par un IB, mais ceci n’est que notre ressenti.
Notre note : 13,5/20

Bielle 8 ans – Rasta Morris

Degré : 52,8%
Intégration de l’alcool : Parfaite
Distillation : Colonne
Nombre de cols : 257
Millésime : 2011
Particularité : brut de fût
Vieillissement : principalement tropical en fût ex-bourbon
Fiche Rum-X

Le profil est très différent ici, avec beaucoup de gourmandise au nez. Le caramel ouvre le bal, avec du miel et des fruits du verger (pêche). Avec de l’aération, les épices arrivent en force (cannelle et vanille principalement), avec une petite touche de sève.
La bouche reste dans le même profil, avec une attaque douce et sucrée. Le miel est toujours présent, il accompagne une note de mangue, avant qu’un boisé très légèrement astringent fasse son apparition. La vanille, est également présente en fin de bouche.
C’est cette même vanille qu’on retrouve en finale, avec une petite brioche un peu sucrée.

Un Bielle plaisir ici, avec beaucoup de gourmandise tout au long de la dégustation. Un rhum qui ravira les amateurs de douceurs.
Notre note : 15/20

Bielle 2003

On arrive sur du mythique ici, même si je dois admettre avoir toujours vu ce Bielle 2003 d’un œil suspicieux… La hype autour de ce rhum est-elle justifiée ?
Nous le saurons très rapidement, grâce à un sample de l’ami Rémi : qu’il en soit remercié ici.

Degré : 53,9%
Intégration de l’alcool : Parfaite
Distillation : Colonne
Millésime : 2003
Age : 8 ans
Particularité : brut de fût
Vieillissement : tropical en fût ex-bourbon
Fiche Rum-X

Si on devait résumer la patte Bielle (ce qui sera forcément réducteur), on pourrait parler des fruits… Ce nez ne déroge pas à la règle, avec une ouverture sur la pêche et le citron, qui ne manquera pas d’étonner un nouveau venu qui pourrait penser que l’agricole se résume au bois et aux épices ! Néanmoins, on revient ensuite à du classique, l’aération ayant éliminé les notes les plus “légères”, avec des épices douces (vanille et cannelle) et un boisé léger et élégant. Très agréable !
En bouche, on retrouve certaines des notes senties précédemment, avec les épices douces (avec de la réglisse en plus), du boisé et un citron qui est devenu confit. Sauf que le café a décidé d’accompagner le tout, avec un café au lait en début de bouche, et sans à la fin. Nos plus fidèles lecteurs le savent peut-être, c’est cette note de café qui fait souvent la différence à Montreuil.
La finale est superbe, longue et vraiment très gourmande, sur un café au lait crémeux avec du cacao dessus.

Eh bien la réponse est assez claire : oui. Oui, ce Bielle 2003 est vraiment très réussi et mérite son statut de rhum mythique. L’alcool est au service des arômes ce qui nous a offert un très beau moment de dégustation.
Notre note : 17/20

Un magnifique rhum

Bielle 2001 – sélection LMDW – fût numéro 4

Si le 2003 a été goûté avant ce 2001, c’est bien que ce dernier avait quelque chose de particulier.

Degré : 53,1%
Intégration de l’alcool : Parfaite
Distillation : Colonne
Millésime : 2001
Age : 14 ans
Nombre de bouteilles : 244
Particularités : brut de fût et fût unique
Vieillissement : tropical en fût ex-bourbon
Fiche Rum-X

Disons le sans préambule, ce nez est vraiment exceptionnel. Il se dégage un sentiment de chaleur et de sensualité absolument incroyable. Parmi les premières notes qu’Aymeric et moi avons senti, et sans nous le dire au préalable, il y a eu le musc… Et cette senteur est utilisée en parfumerie pour dégager les deux “sentiments” sus-nommés. On retrouve par ailleurs du café, de l’encens (ce qui est logique puisque le musc est utilisé dans les encens), du cuir et du chocolat (noir et au lait à différents moments). Sans tomber dans des clichés trop poétiquement personnels, il y a comme une atmosphère de souk en fin de journée dans le nez de ce fût 4.
En bouche, c’est le café qui est de nouveau présent, avec un boisé gourmand et puissant. La suite est épicée (vanille, cannelle) et fruitée (ananas et mangue). Les arômes sont reconnaissables tout en étant très bien imbriqués :  c’est tout simplement très bien fait.
La finale, encore très longue et agréable, est sur le café et la vanille.

Whaou, quelle claque ! Si le fût 33 était superbe, ce fût 4 a semblé encore meilleur. Un très grand moment, surtout à la suite du 2003, qui avait superbement bien amené ce 2001. Nous avons parfois des débats sur l’importance du nez dans la dégustation, mais celui-ci est assez unique en son genre… Le prix de sortie, plus de 300€, nous avait semblé vraiment déraisonnable à l’époque, et l’est toujours aujourd’hui. Mais ce rhum est superbe, rien à dire là-dessus.
Concernant la notation à suivre, il y a un tout petit élément à prendre en compte : cette dégustation a sûrement été la plus favorable possible pour ce 2001, qui a suivi un Bielle très agréable et à l’alcool superbement intégré. C’est pour cette raison que la première note a été revue très légèrement à la baisse (de 18 à la note ci-dessous).
Notre note : 17,5/20

Un (très) magnifique rhum

Conclusion

Si Neisson est la référence sur les rhums à moins de 50%, il n’y a que Bielle qui pourrait contester la domination de Bally sur le segment des bruts de fût (sur mon échelle personnelle bien sûr). En relisant la note sur les RVMG 2003 et 2005, on se rend bien compte qu’il est impossible de définir un Bielle type, tant les arômes sont changeants.
Rien à dire de plus, si ce n’est que c’était une très belle dégustation !

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